Aller au contenu
Nouveau Le livre blanc « La gouvernance des associations en France » est paru : 46 pages, 45 sources. Lire le livre blanc

Blog · Conseil d'administration

Environnement : toujours plus de pollution plastique de Coca-Cola

Environnement : toujours plus de pollution plastique de Coca-Cola

La publication de ce rapport intervient dans un contexte d’inquiétude croissante concernant les risques pour la santé humaine posés par la propagation des microplastiques, que les scientifiques associent de plus en plus à des cancers, à l’infertilité, ou aux maladies cardiaques.

Lecture Blueboard sous l'angle du Conseil d'administration - 28/03/2025

Analyse détaillée d’un point de vue gouvernance d’entreprise, conseil d’administration, RSE, durabilité et stratégie d’entreprise :

  1. Gouvernance d’entreprise et rôle du conseil d’administration • Supervision stratégique : Le conseil d’administration (CA) est responsable de l’orientation stratégique de l’entreprise, y compris la définition des objectifs en matière de réduction d’empreinte plastique. Il doit s’assurer que la direction met en place des politiques cohérentes avec les attentes des parties prenantes (actionnaires, consommateurs, régulateurs, etc.) et qu’elle rend compte de l’avancement de ses engagements environnementaux. • Contrôle et surveillance des risques : Les risques environnementaux et sanitaires liés à la pollution plastique — notamment les conséquences liées aux microplastiques — deviennent de plus en plus importants à évaluer. Le CA doit donc se doter d’outils de monitoring et d’évaluation des risques, exiger des rapports réguliers de la part de la direction, et s’assurer qu’il existe un dispositif de gestion de crise et de prévention (compliance, assurance, etc.). • Mise en place de comités spécialisés : Dans les grandes entreprises soumises à des enjeux RSE cruciaux, on observe parfois la création de comités spécialisés (Comité RSE, Comité de développement durable, Comité d’éthique, etc.). Ces comités peuvent traiter de questions spécifiques : innovations packaging, réduction des émissions, transition vers des solutions d’emballages réutilisables, etc. Ils rapportent leurs conclusions et recommandations au CA pour décision.
  2. Responsabilité sociale et environnementale (RSE/ESG) et conformité • Responsabilité étendue : Les entreprises comme Coca-Cola font face à une pression croissante pour réguler leurs activités polluantes, répondre aux exigences en matière de transparence (ESG/CSRD) et réduire leur impact environnemental. Les parties prenantes (ONG, consommateurs, investisseurs) exigent de plus en plus de clarté et de reporting standardisés sur les obligations de type ESG, comme le prévoit la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) dans l’Union européenne. • Enjeux de réputation et licence to operate : Être classé « plus grand pollueur plastique » peut fragiliser la réputation de l’entreprise, affecter sa relation avec les consommateurs et, potentiellement, son accès à certains marchés. L’orientation vers des modèles de revalorisation (emballages réutilisables, verre, PET plus robuste) répondrait aux objectifs de l’économie circulaire et pourrait réduire le risque réputationnel. • Transparence et reporting : Le CA doit s’assurer de la véracité et de la cohérence des rapports RSE d’entreprise. Les investisseurs et organismes de notation ESG (MSCI, Sustainalytics, etc.) regardent de près l’engagement chiffré, la traçabilité de la chaîne de valeur et les objectifs de réduction de l’empreinte carbone et plastique. Les nouvelles réglementations, comme la CSRD en Europe, exigent davantage de transparence et des indicateurs quantifiables, qui doivent être validés de manière fiable (audit extra-financier).
  3. Stratégie d’entreprise et durabilité • Innovation et modèles économiques : Le rapport souligne la nécessité pour Coca-Cola d’adopter des emballages réutilisables, voire des solutions plus respectueuses de l’environnement (verre réutilisable, PET renforcé). Cette évolution exige des investissements, pour revoir la chaîne logistique (collecte, nettoyage, redistribution) et garantir la rentabilité du modèle. • Alignement des objectifs de durabilité : Le CA devrait s’assurer que les objectifs de réduction du plastique, ou d’empreinte carbone, sont intégrés dans le plan stratégique global (« business plan »), afin que la durabilité ne soit pas considérée comme un simple add-on, mais comme un levier de compétitivité et d’innovation. • Mise en place d’indicateurs de performance : Pour favoriser la durabilité, il faut instaurer des indicateurs clés (KPIs) intégrés dans la rémunération variable des dirigeants. Par exemple, la proportion d’emballages réutilisables, la réduction du volume global de plastique, la part d’énergies renouvelables utilisées, etc.
  4. Dimension environnementale et régulation • Régulation accrue : Les législations nationales et internationales sur le plastique à usage unique se multiplient (taxes sur les emballages, interdiction de certaines formes de plastique). Le CA doit surveiller l’environnement législatif et anticiper les évolutions réglementaires (par exemple la Plastic Tax dans l’UE). Cette anticipation permet d’éviter des coûts de non-conformité, voire des sanctions. • Impact sur la chaîne d’approvisionnement : Toute alternative (verre, PET épais réutilisable…) dispose de son propre bilan carbone et d’exigences de cycle de vie. Pour le CA, il est crucial d’analyser la chaîne de valeur dans son ensemble, incluant la consommation d’eau, l’impact transport (poids du verre vs plastique), l’approvisionnement en matières premières, etc. Les plans d’action doivent se baser sur une analyse multicritères et un dialogue renforcé avec les fournisseurs.
  5. Éthique, responsabilité vis-à-vis des consommateurs et enjeux de santé • Éthique et devoir de vigilance : Les effets des microplastiques sur la santé humaine (cancers, infertilité, pathologies cardiaques possibles) renforcent la pression sur la responsabilité sociétale des entreprises productrices de déchets plastiques. Le CA doit s’assurer de l’intégration d’un principe de précaution afin de limiter les risques réglementaires et contentieux potentiels. • Communication responsable : Les critiques envers le recyclage (jugé insuffisant ou inadapté quand il s’agit de réduire l’usage unique) obligent l’entreprise à revoir sa stratégie de communication. Un discours marketing qui met au premier plan le recyclage, sans alternative solide pour réduire la source du déchet, peut donner lieu à des accusations de greenwashing. D’où la nécessité d’une communication transparente et d’engagements quantifiés sur l’ensemble du cycle de vie.
  6. Facteurs transverses (audit, cybersécurité, protection des données) • Audit et contrôle interne : Dans le contexte ESG, la fiabilité des données environnementales est parfois soumise à un audit externe (similaire aux audits financiers). Les pratiques de reporting sur l’empreinte plastique et CO₂ peuvent être vérifiées par un tiers, afin d’assurer leur crédibilité. • Cybersécurité et protection des données : Bien que cela puisse paraître éloigné de la question du plastique, les entreprises multinationales traitent un volume considérable de données (recherche, supply chain, data clients, etc.). Le CA doit veiller à la robustesse de la gouvernance de la cybersécurité pour éviter des fuites pouvant exposer leurs plans de R&D, ou des informations sensibles sur la stratégie de transition vers des emballages « plus verts ». • Compliance : La conformité ne se limite plus aux seules normes financières ou anticorruption ; elle inclut désormais les règles sur la protection de l’environnement (réglementations locales sur la gestion des déchets, transport transfrontalier, etc.). Le CA doit donc s’assurer d’un programme solide de conformité intégrant ces dimensions, avec un suivi régulier.

En conclusion, cette affaire illustre l’importance d’un ancrage fort des enjeux de RSE, de durabilité et de gouvernance environnementale au plus haut niveau de l’entreprise. Le conseil d’administration de Coca-Cola, comme de toute grande entreprise exposée à de forts impacts environnementaux, a la responsabilité de : • Fixer une orientation stratégique claire et ambitieuse sur la réduction du plastique. • Piloter et contrôler la mise en place d’objectifs de durabilité mesurables et publiquement vérifiables. • Garantir la conformité aux normes ESG et l’adéquation avec une réglementation de plus en plus contraignante. • Mettre en place des mécanismes de gouvernance et de contrôle (comités dédiés, audit interne et externe, plan de prévention des risques) pour anticiper et gérer les conséquences économiques, réglementaires et réputationnelles d’un usage massif de plastique.

C’est finalement la capacité du CA à assumer un leadership en matière de durabilité et de stratégie d’entreprise qui permettra de transformer l’entreprise, tout en préservant sa réputation et en assurant sa résilience à long terme.

Article original

La publication de ce rapport intervient dans un contexte d’inquiétude croissante concernant les risques pour la santé humaine posés par la propagation des microplastiques, que les scientifiques associent de plus en plus à des cancers, à l’infertilité, ou aux maladies cardiaques. Le chiffre est vertigineux. D’ici 2030, Coca-Cola sera responsable de plus de 600 000 tonnes de déchets plastiques rejetées chaque année dans les océans et les cours d’eau à travers le monde, selon un rapport de l’ONG Oceana, publié mercredi. La publication de ce rapport intervient dans un contexte d’inquiétude croissante concernant les risques pour la santé humaine posés par la propagation des microplastiques, que les scientifiques associent de plus en plus à des cancers, à l’infertilité, ou aux maladies cardiaques. « Coca-Cola est de loin le plus grand producteur et vendeur de boissons au monde », a déclaré Matt Littlejohn, responsable de la campagne d’Oceana sur les entreprises polluantes. « C’est pour cette raison qu’ils comptent vraiment quand on parle de l’impact de tout cela sur l’océan. » Coca-Cola est l’entreprise la plus polluante au monde en matière de plastique, devant PepsiCo, Nestlé et Danone, selon une étude publiée en 2024 dans la revue Science Advances. En se basant sur des données publiées par Coca-Cola concernant sa production d’emballages de 2018 à 2023, ainsi que sur des prévisions de croissance des ventes, Oceana estime que la consommation de plastique de l’entreprise devrait dépasser 4,13 millions de tonnes par an d’ici à 2030. VidéoCoca-Cola rappelle plusieurs marques de ses sodas contaminés au chlorate L’ONG a ensuite appliqué une méthode scientifique présentée dans la revue Science en 2020 pour évaluer la part de ce plastique qui pourrait se retrouver dans les écosystèmes aquatiques, soit 602.000 tonnes au total - l’équivalent de près de 220 milliards de bouteilles de 500 ml. De quoi remplir l’estomac de 18 millions de baleines. Pour éviter cette pollution, la meilleure solution, selon Oceana, serait d’utiliser des matériaux d’emballage réutilisables - comme le verre, réutilisable jusqu’à 50 fois, ou une version plus solide et plus épaisse du plastique téréphtalate de polyéthylène (PET), qui peut servir 25 fois. Coca-Cola s’était engagée en 2022 à atteindre 25 % d’emballages réutilisables - qui comptent « parmi les manières les plus efficaces de réduire les déchets », avait-elle reconnu - d’ici 2030. Mais cette ambition a été discrètement abandonnée dans sa dernière feuille de route sur le développement durable, publiée en décembre 2024, l’entreprise choisissant de concentrer ses efforts sur le recyclage et la collecte. Un porte-parole de Coca-Cola a assuré à l’AFP que, malgré ces nouveaux objectifs, l’entreprise restait « déterminée à élargir (ses) options d’emballages réutilisables ». Les défenseurs de l’environnement mettent depuis longtemps en garde contre une dépendance excessive à l’égard du recyclage, qui sert souvent selon eux à rejeter la responsabilité sur les consommateurs plutôt qu’à s’attaquer à la racine du problème. « Le recyclage est une bonne chose, ne vous méprenez pas », juge Matt Littlejohn. « Mais si vous utilisez du plastique recyclé pour produire plus de plastique à usage unique, c’est un problème. » La production de plastique repose sur le pétrole, ce qui fait que cette industrie participe directement au changement climatique. Pour Oceana, il y a tout de même une raison d’espérer : Coca-Cola utilise déjà des emballages réutilisables à grande échelle dans des pays comme le Brésil, l’Allemagne, le Nigeria et même dans certaines régions des États-Unis, notamment au Texas. « Ils ont la capacité de développer cela et de montrer la voie au reste de l’industrie », souligne Matt Littlejohn.

Cet article vous a été utile ? Nos travaux de fond — livre blanc, Observatoire trimestriel, indicateurs de marché — sont en libre accès sur Blueboard Intelligence.

Ce site utilise des cookies de mesure d’audience pour comprendre comment il est consulté. Aucune donnée n’est revendue. Vous pouvez refuser sans perdre l’accès au contenu.

En savoir plus