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IA : l’enjeu n’est plus d’adopter, mais de gouverner

Le constat dressé par la troisième édition du Baromètre Data & IA de Coface, réalisée avec Les Echos Etudes auprès de 900 décideurs, est assez révélateur : 67 % des décideurs déclarent faire confiance à leurs données pour prendre leurs décisions, mais seulement 17 % des entreprises se considèrent avancées dans l'utilisation de l'IA pour décider. Et 60 % n'ont toujours pas formalisé de cadre régissant leurs usages de l'IA.

Autrement dit, l’IA progresse plus vite que les dispositifs permettant de la maîtriser.

De l’expérimentation à la gouvernance

L’IA n’est déjà plus seulement un sujet technologique. Elle entre progressivement dans les processus de décision, dans l’analyse des risques, dans la finance, le commerce ou encore la supply chain. Pour autant, le passage à l’échelle demeure limité : 56 % des entreprises interrogées se disent encore peu ou pas avancées et 28 % déclarent n’avoir aucun usage structuré de l’IA. La taille de l’entreprise joue également fortement : 31 % des entreprises réalisant plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires se considèrent avancées ou très avancées, contre seulement 11 % de celles réalisant moins de 10 millions.

Cette différence n’est probablement pas uniquement une question d’accès à la technologie. Elle révèle aussi une différence de capacité à organiser les compétences, les responsabilités, les données et les processus de décision autour de l’IA.

Le vrai sujet : confiance, maîtrise et responsabilité

Le Baromètre Coface montre d’ailleurs que les principaux freins à l’IA ne sont pas d’abord financiers : la sécurité des données et la conformité réglementaire arrivent largement en tête des préoccupations des décideurs, citées par 41 % d’entre eux. Viennent ensuite le manque de maturité interne pour piloter ces projets (31 %), la difficulté à faire confiance aux analyses produites par l’IA (30 %) et le manque de ressources humaines pour assurer leur déploiement (27 %).

Le sujet dépasse donc très largement la DSI. Il concerne aussi la direction générale, les métiers, les fonctions risques et conformité… mais également le conseil d’administration car lorsque l’IA influence une décision stratégique, financière, RH ou commerciale, plusieurs questions deviennent incontournables : sur quelles données repose-t-elle ? Qui contrôle le modèle ? Jusqu'où peut-on automatiser la décision ? Où doit intervenir le jugement humain ? Et, finalement, qui est responsable ?

Le Baromètre résume bien cette évolution : seules 17 % des entreprises disposent aujourd’hui d’une politique IA clairement définie et communiquée ; 23 % disposent d’un cadre encore partiel ou informel, tandis que 60 % n’ont pas encore formalisé leur gouvernance.

Le conseil d’administration doit entrer dans la boucle

Pour les administrateurs, l’enjeu n’est évidemment pas de devenir des experts techniques de l’intelligence artificielle. Il réside davantage dans le fait d’être capable d’en comprendre suffisamment les mécanismes, les opportunités et les risques pour poser les bonnes questions.

Le conseil doit notamment pouvoir apprécier la qualité des données utilisées, le niveau de risque associé aux différents usages, l’existence de responsabilités clairement établies et la place laissée au contrôle humain. Coface souligne justement que la gouvernance de l’IA doit préciser quelles données peuvent être utilisées, pour quels usages, où l'humain doit conserver la main et qui reste responsable de la décision.

Cette vigilance ne doit pas conduire à freiner l’innovation. Au contraire : une gouvernance claire est probablement l’une des conditions permettant d’accélérer l’adoption de l’IA en confiance.

Passer de la fascination à l’impact

Les attentes des dirigeants sont déjà extrêmement concrètes : 48 % souhaitent utiliser l’IA pour obtenir des synthèses directement exploitables, 42 % pour disposer d’indicateurs plus fiables et actualisés en temps réel, 34 % pour identifier de nouvelles opportunités de croissance et 29 % pour mieux anticiper les risques clients. L'enjeu n'est donc plus de savoir si l'IA entrera dans les processus de décision. Elle y entre déjà.

La véritable question est donc de savoir avec quelles règles, quelles compétences et quel niveau de contrôle. C’est aussi la conviction portée par Blueboard : la gouvernance doit évoluer au même rythme que les risques et les technologies qu’elle est censée superviser. L’IA, comme le cyber ou les nouveaux enjeux géostratégiques, fait désormais partie du socle de connaissances dont un administrateur doit disposer pour exercer pleinement son rôle. C’est dans cette logique que Blueboard renforce son engagement sur la formation et l’évaluation des compétences des administrateurs, notamment au travers de Blueboard Academy.

La prochaine frontière de l’IA ne sera peut-être pas technologique. Elle sera celle de la gouvernance et les conseils d’administration ont tout intérêt à s’en saisir dès maintenant !

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