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Blog · Conseil d'administration

La rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40 a diminué de 15%

La rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40 a diminué de 15%

Les dirigeants des grandes entreprises françaises ont perçu en moyenne 6,7 millions d'euros en 2021, avec certains dépassant les 10 millions d'euros, selon une étude. Carlos Tavares, directeur de Stellantis, perd sa première place en 2022. La rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40 a diminué de 15% par rapport à l'année précédente.

Lecture Blueboard sous l'angle du Conseil d'administration - 05/06/2024

Le sujet de la rémunération des dirigeants des grandes entreprises est un point crucial et souvent controversé dans le domaine de la gouvernance d'entreprise. Voici une analyse détaillée des divers aspects évoqués dans l'article :

Gouvernance d'Entreprise

La gouvernance d'entreprise fait référence aux systèmes, principes et processus par lesquels une entreprise est dirigée et contrôlée. La rémunération des dirigeants est un aspect clé de la gouvernance. Dans le cas des dirigeants du CAC 40, des questions se posent concernant les mécanismes de décision et de contrôle autour de leur rémunération. Les chiffres évoqués, avec des rémunérations atteignant plusieurs dizaines de millions d'euros, soulignent l'importance de la transparence et de l'équité dans les pratiques de rémunération.

Conseil d'Administration

Le conseil d'administration joue un rôle central dans la fixation des rémunérations des dirigeants. Il doit équilibrer les intérêts des parties prenantes, y compris les actionnaires, les salariés et la société au sens large. Les montants de rémunération extrêmement élevés mentionnés dans l'article, tels que les 66,7 millions d'euros de Carlos Tavares en 2021, peuvent amener à interroger la responsabilité et la diligence du conseil d'administration de Stellantis dans l'évaluation et l'approbation de cette rémunération. Une réflexion sur l'éthique et la justification de ces montants, ainsi que sur les critères de performance utilisés pour déterminer ces rémunérations, est essentielle.

Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et Durabilité

La RSE implique que les entreprises intègrent des préoccupations sociales, environnementales et économiques dans leurs activités et dans leurs interactions avec leurs parties prenantes. Des écarts de rémunération aussi élevés (par exemple, un dirigeant gagnant 89 fois plus que ses salariés) peuvent nuire à la perception de l’équité et de la justice sociale au sein de l'entreprise. Les entreprises doivent donc veiller à ce que leurs politiques de rémunération soient perçues comme justes et alignées avec leurs engagements de RSE.

Stratégie d'Entreprise

La rémunération des dirigeants peut avoir un impact significatif sur la stratégie d’entreprise. Des rémunérations très élevées peuvent indiquer une priorité accordée à des objectifs financiers à court terme au détriment d’une vision stratégique à long terme orientée vers la durabilité et l'innovation. Il est crucial pour le conseil d'administration de s'assurer que les incitations financières des dirigeants sont alignées avec les objectifs stratégiques à long terme de l'entreprise.

Équité et Ratio de Rémunération

Le ratio élevé de 89 fois la rémunération moyenne des salariés est source de polémique, en particulier dans un contexte où l’inégalité salariale est de plus en plus critiquée. Si la rémunération des dirigeants continue d'augmenter deux fois plus vite que celle des salariés (comme depuis 2014), cela pourrait intensifier les tensions sociales et nuire à la cohésion interne de l'entreprise. Le conseil d’administration doit donc prêter une attention particulière à la manière dont ces écarts peuvent être perçus par les salariés et par le public.

Conclusions

En résumé, l'analyse de la rémunération des dirigeants des entreprises du CAC 40 sous l'angle de la gouvernance d'entreprise, du conseil d'administration, de la RSE, de la durabilité et de la stratégie d'entreprise met en lumière plusieurs problématiques :

  • La nécessité de transparence et d'équité dans les politiques de rémunération.
  • Le rôle crucial du conseil d'administration dans l'approbation et la justification des rémunérations.
  • L'importance d'aligner les rémunérations avec les objectifs stratégiques à long terme et les engagements de RSE.
  • L'impact potentiel des disparités salariales sur la cohésion interne et la réputation de l'entreprise.

Ces aspects doivent être pris en compte pour assurer une gouvernance d'entreprise efficace et responsable.

Article original

Les dirigeants des 40 plus grandes entreprises françaises ont été rémunérés en moyenne 6,7 millions d’euros l’année dernière, selon une étude du cabinet de conseil Proxinvest publiée ce mardi. Neuf ont même perçu plus de 10 millions d’euros. Un record. Attention, sujet sensible. La cuvée 2022 des rémunérations des grands patrons français, réalisée chaque année par Proxinvest, un cabinet de conseil aux actionnaires, voit le même trio que l’année dernière monter sur le podium mais dans un ordre différent. Numéro Un en 2021, avec une rémunération totale de 66,7 millions d’euros, Carlos Tavares, directeur général de Stellantis (Peugeot-Citroën-Fiat-Chrysler) perd deux places, pour occuper la troisième marche du classement (19,6 millions d’euros). En deuxième position — troisième en 2021 — on retrouve Daniel Julien, le discret patron de Teleperformance, une entreprise de centres d’appels et de modérateur des réseaux sociaux, qui a gagné 19,7 millions d’euros. Enfin à la tête du classement 2022, avec 33 millions d’euros reçus, Bernard Charlès, qui dirige Dassault Systèmes depuis 28 ans et passera la main de la direction opérationnelle de l’éditeur de logiciels l’année prochaine. Un cru 2022 marqué, sur un an, par une diminution de 15 % des rémunérations des dirigeants des entreprises du CAC 40 — selon sa composition arrêtée au 30 juin 2023. Une baisse cependant qualifiée « d’illusoire » par Jehanne Leroy qui a réalisé le rapport. Et pour cause, 2021 avait été une année exceptionnelle, portée par la rémunération hors norme de Carlos Tavares de 66,7 millions d’euros selon Proxinvest (19,15 millions d’euros avait assuré, à l’époque, l’entreprise Stellantis). Rendue publique en avril 2022, lors de l’assemblée générale de Stellantis, cette rémunération avait créé un certain émoi. « Choquant et excessif », avait dénoncé Emmanuel Macron, en campagne pour sa réélection, ajoutant qu’« il faut mener le combat en Européen pour qu’on ait des rémunérations qui ne peuvent pas être abusives ». Une rémunération qui avait d’autant plus créé la polémique que l’assemblée générale l’avait rejetée, avant que le conseil d’administration ne l’approuve. Installé aux Pays-Bas, Stellantis échappe à la loi Sapin II (2016) comme aux recommandations du code AFEP-Medef pour mener sa politique de rémunération. Finalement, un dirigeant du CAC 40 a gagné, en moyenne, 89 fois plus que ses salariés en 2022. Un chiffre largement en baisse par rapport aux 110 fois de 2021, mais qui constitue le plus élevé comparé aux autres années. Ainsi, en 2014, le ratio était « seulement » de 72 fois. Pour réaliser son rapport, Proxinvest additionne l’ensemble des formes de rémunération des dirigeants et notamment le fixe, le bonus annuel, les jetons, les avantages en nature, les stock-options ou encore les actions gratuites de performance valorisées à leur date d’attribution. Pour le cabinet de conseil, qui préfère prendre l’année 2019 comme référence, jugée plus représentative que 2021 et que 2020, où la pandémie avait incité certains dirigeants à renoncer à une partie de leurs revenus, la rémunération moyenne augmente de 29 % pour les patrons du CAC 40. Sur l’indice élargi SBF 120, qui regroupe les 120 plus grosses entreprises cotées sur la Bourse de Paris, y compris celle du CAC 40, la tendance est la même, avec une baisse de 6 % sur un an, soit 4,2 millions d’euros de rémunération moyenne. Mais une hausse de 14 % par rapport à 2019. « Excepté 2021, c’est l’augmentation le plus élevée depuis que Proxinvest réalise cette étude », assure Jehanne Leroy. Depuis 2014, la rémunération des patrons (+ 62 %) a augmenté deux fois plus vite que celles des salariés (+ 31 %).

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