Mort de Skype : la fin du pionnier des appels sur Internet

Microsoft a annoncé la fermeture, pour mai, de la première plate-forme à avoir permis la téléphonie par Internet il y a vingt ans. Une page de l’histoire du web se tourne avec la disparition de ce géant dépassé par une concurrence féroce et les nouveaux usages.
Lecture Blueboard sous l'angle du Conseil d'administration - 02/03/2025
L'annonce de la fermeture de Skype par Microsoft offre une perspective intéressante sur plusieurs aspects de la gouvernance d'entreprise et des décisions stratégiques, notamment en termes de conseil d'administration, de responsabilité sociale des entreprises (RSE), de durabilité et de stratégie d'entreprise. Examinons chacun de ces points à la lumière de l'article fourni.
Gouvernance d'entreprise et Conseil d'administration
La décision de fermer Skype et de promouvoir Microsoft Teams peut être vue comme une manifestation de la gouvernance proactive de Microsoft pour s'adapter aux changements technologiques et aux exigences du marché. Le conseil d'administration et la direction de Microsoft ont probablement joué un rôle clé dans l'évaluation des performances de Skype par rapport à la concurrence croissante et ont choisi de concentrer les ressources sur une plateforme plus moderne et intégrée (Microsoft Teams) qui répond mieux aux besoins actuels des utilisateurs, comme le télétravail et les communications professionnelles intégrées.
Responsabilité Sociale d'Entreprise (RSE) et Durabilité
Du point de vue de la RSE et de la durabilité, Microsoft semble prendre une approche responsable en s'assurant que les utilisateurs de Skype puissent migrer vers Teams, permettant ainsi une transition en douceur sans perte de données ou de connectivité pour les utilisateurs. Cela démontre un engagement envers les clients et une considération pour l'impact social de leurs décisions opérationnelles.
Stratégie d'entreprise
Stratégiquement, la fermeture de Skype et le basculement vers Teams peuvent être vus comme une adaptation nécessaire à l'évolution du marché. En se concentrant sur Teams, Microsoft intègre mieux ses offres de produits, renforce son écosystème d'applications de productivité et répond plus efficacement aux tendances du marché comme la communication vidéo et le travail collaboratif à distance, des aspects qui ont gagné en importance avec la pandémie de Covid-19.
Autres thématiques liées au conseil d'administration
- Environnement et Empreinte Carbone: La consolidation des services pourrait potentiellement réduire les besoins en infrastructure et, par conséquent, l'empreinte carbone de Microsoft, s'alignant ainsi sur les objectifs environnementaux plus larges.
- Cybersécurité et Protection des Données: En passant de Skype à Teams, Microsoft a l'opportunité d'améliorer en continu les aspects de la sécurité et de la protection des données, un domaine de plus en plus crucial avec les réglementations comme la RGPD.
- Conformité et ESG/CSRD: La fermeture de Skype et le renforcement de Teams pourrait être perçu comme un alignement avec les principes ESG, en particulier dans les domaines de la gouvernance et de la durabilité sociale de l'entreprise.
Conclusion
La décision de Microsoft de fermer Skype et de promouvoir Teams comme solution principale pour la communication en ligne illustre une adaptation stratégique aux nouvelles réalités technologiques et de marché. Elle reflète également des pratiques de gouvernance soucieuses de la durabilité, de la responsabilité sociale, et répond aux attentes des parties prenantes en matière de performance d'entreprise et de conformité réglementaire. Le conseil d'administration joue un rôle crucial dans ces décisions, en veillant à ce que l'entreprise reste compétitive tout en respectant ses obligations éthiques et légales.
Article original
Microsoft a annoncé la fermeture, en mai, de la première plate-forme à avoir permis la téléphonie par Internet il y a vingt ans. Une page de l’histoire du web se tourne avec la disparition de ce géant dépassé par une concurrence féroce et les nouveaux usages. Le cimetière des technologies autrefois révolutionnaires se remplit encore. « À partir de mai 2025, Skype ne sera plus disponible », a annoncé ce vendredi Microsoft dans un message sur son compte X (ex-Twitter). « Dans les prochains jours, vous pouvez vous inscrire sur la version gratuite de Microsoft Teams avec votre compte Skype pour rester connecté à vos conversations et vos contacts », précise le géant américain. Pionnier dans les appels via Internet, Skype rejoint les autres logiciels marquants du début de l’Internet haut débit : MSN Messenger ou les plates-formes de téléchargement eMule ou Kazaa. C’est d’ailleurs en utilisant la technologie « peer-to-peer » de ces logiciels que les fondateurs scandinaves de Skype – Niklas Zennström et Janus Friis – mettent au point un service de téléphonie entièrement numérisé. Objectif : proposer une alternative fiable et moins chère que les appels, notamment internationaux, passés sur des lignes fixes analogiques. « Ils étaient précurseurs dans la VoIP (protocole voix sur IP) en traduisant la voix en paquets de données à envoyer via Internet grâce à leur propre technologie et une qualité audio rapidement devenue le standard à l’époque », éclaire Nawfal Sikal, directeur technique de Private Discuss, une solution française de visioconférence sécurisée. Basée en Estonie pour son développement, la start-up part à la conquête du monde avec cet outil de communication gratuit et facile à télécharger. Une première version grand public sort en août 2003 avec une courbe d’adoption exponentielle. En 2005, Skype ajoute les appels vidéo, toujours gratuits, avec un autre titulaire d’un compte Skype. Avec son modèle économique fragile, un peu de publicité, la jeune pousse devient la cible des géants de la tech. La plate-forme de vente en ligne eBay la rachète pour 2,6 milliards de dollars – un record à l’époque – puis la revend à la société de capital-investissement Silver Lake Partners. Moins de deux ans plus tard, Microsoft débourse 8,5 milliards de dollars pour l’intégrer à Windows Live Messenger (ex-MSN). À son apogée, en 2016, Skype comptait environ 300 millions d’utilisateurs dans le monde. Mais la concurrence montait discrètement en puissance. Rachetée par Facebook, l’application de messageries WhatsApp ajoute les appels téléphoniques alors que les télécommunications migrent de l’ordinateur au smartphone. En interne, la situation se corse aussi. « Microsoft a compris tardivement que le logiciel était codé avec les pieds et qu’il n’y avait pas de modèle économique pour les appels en visio payants », explique Julien Pillot, professeur en économie numérique et stratégie à l’école de commerce Inseec. « Ils ont maintenu Skype en vie sans mise à jour majeure pour avoir le temps de faire la bascule vers leur propre logiciel, Teams », souligne-t-il. « Skype fonctionnait avec une architecture centralisée qui rendait impossible les réunions avec des centaines de participants. Les développeurs de Teams ont tout récréé de zéro car la technologie de Skype était déjà dépassée », complète Nawfal Sikal, de Private Discuss. Début 2017, Microsoft lance donc Teams, une version plus riche qui offre aux professionnels un espace de discussion, de partage de documents et de visioconférences. Au même moment, le rival Google met en ligne le service de communication vidéo Google Meet. La pandémie de Covid de 2020 et le télétravail généralisé achèvent la bascule vers les visioconférences et la start-up Zoom vient encore plus ringardiser l’antique Skype. « Ils ont perdu leur dernier éclat car les besoins ont changé et leur première force, l’audio, ne suffisait plus quand tout le monde voulait de la vidéo et plus de données à envoyer », pointe Nawfal Sikal. À l’heure des comptes et au crépuscule de Skype, les grands gagnants de cette épopée sont les créateurs et les premiers investisseurs de l’entreprise, baptisés la « Skype Mafia ». Pas déconnectés du futur de la Tech, ils ont réinvesti leurs millions et leurs expertises dans d’autres aventures, notamment la robotique ou l’intelligence artificielle.
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