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Blog · Gouvernance

Pourquoi le système par capitalisation n’est plus la priorité

Pourquoi le système par capitalisation n’est plus la priorité

Négociations sur les retraites : pourquoi le système par capitalisation n’est plus la priorité

Les deux dernières séances consacrées au sujet ont tourné court. Aucune proposition concrète n’en est sortie.

Lecture Blueboard sous l'angle du Conseil d'administration - 28/04/2025

Voici une analyse détaillée de l’article sous l’angle de la gouvernance d’entreprise, du conseil d’administration, de la RSE, de la durabilité, de la stratégie d’entreprise, de l’ESG, et d’autres thématiques connexes :

1. Gouvernance d’entreprise et conseil d’administration

L’introduction d’un système de retraite par capitalisation aurait un impact profond sur la gouvernance d’entreprise, notamment pour les sociétés gestionnaires de fonds de pension et pour la gouvernance interne des entreprises cotées. Si la capitalisation devenait un pilier du système de retraite français, cela impliquerait que les entreprises, via des fonds dédiés, géreraient une partie significative de l’épargne nationale. Les conseils d’administration auraient une responsabilité accrue dans la supervision des politiques d’investissement, la gestion des risques financiers et la protection de l’épargne des salariés-actionnaires.

De plus, l’absence d’un consensus entre les partenaires sociaux, telle qu’elle est décrite dans l’article, souligne la difficulté structurelle à faire évoluer la gouvernance collective du système social français. Le rôle du conseil d’administration (CA) dans ce contexte serait également de garantir la transparence et l’équité dans la mise en place et la gestion de ces nouveaux dispositifs, à l’égard de toutes les parties prenantes.

2. RSE, ESG, et durabilité

L’introduction de la capitalisation pose de nombreux défis RSE et ESG :

  • Environnemental : Les fonds de pension sont des investisseurs institutionnels majeurs. Leur politique d’investissement peut orienter massivement les capitaux vers des actifs plus ou moins responsables. Il y a donc un enjeu pour les conseils d’administration de garantir que les fonds de pension respectent des critères ESG stricts, en ligne avec la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) et les engagements européens de neutralité carbone.
  • Social : Le passage à une part significative de capitalisation crée un risque d’inégalités accrues, notamment en accentuant le fossé entre ceux qui peuvent épargner et ceux qui ne le peuvent pas. De plus, la volatilité des marchés peut porter atteinte à la sécurité des retraités, comme le rappelle la situation américaine citée dans l’article. Un CA responsable devra anticiper ces risques sociaux et veiller à des filets de sécurité et à une pédagogie accrue envers les salariés.
  • Gouvernance et éthique : Le CA devra garantir la transparence des placements, l’éthique des choix d’investissements, la prévention des conflits d’intérêts et veiller à la conformité avec les réglementations nationales et européennes (compliance). La confiance des épargnants, déjà faible en France (29 %, selon l’étude citée), dépendra fortement de la robustesse de la gouvernance.

3. Stratégie d’entreprise

Pour les entreprises, l’éventuelle obligation d’accroître le temps de travail pour alimenter la capitalisation pose des défis organisationnels et stratégiques majeurs :

  • Adaptation des politiques RH (gestion du temps de travail, attractivité, dialogue social).
  • Positionnement vis-à-vis de la concurrence internationale (impact sur les coûts salariaux, la productivité, la marque employeur).
  • Prise en compte des attentes sociétales, notamment en matière de bien-être au travail et d’équilibre vie professionnelle/vie privée.

4. Audit, transparence, conformité, protection des données

Les dispositifs de capitalisation supposent une transparence accrue dans la gestion des fonds, la publication d’indicateurs de performance extra-financière, et un encadrement strict des pratiques de gestion. Les audits internes et externes deviendraient incontournables pour certifier la conformité et l’intégrité des placements. Par ailleurs, la digitalisation de l’épargne retraite implique des enjeux croissants de cybersécurité et de protection des données personnelles des salariés.

5. Empreinte carbone et finance durable

Avec la montée en puissance des exigences européennes (SFDR, Taxonomie, CSRD), les fonds de pension devraient démontrer leur contribution à la transition bas-carbone. Les conseils d’administration devront mettre en place des politiques d’investissement responsables, axées sur la décarbonation des portefeuilles, et rendre compte de leur performance ESG avec rigueur et transparence.

6. Conclusion

L’article met en lumière la difficulté française à passer à un modèle de retraite par capitalisation, ce qui se comprend aussi sous l’angle de la gouvernance : un tel changement supposerait une évolution profonde de la manière dont les entreprises, l’État et les partenaires sociaux collaborent. Dans l’hypothèse où cette évolution aurait lieu, le rôle du conseil d’administration deviendrait central dans la gestion des risques, la stratégie RSE, la conformité réglementaire et surtout le maintien de la confiance des parties prenantes (salariés, investisseurs, régulateurs).

En résumé, la question de la capitalisation n’est pas qu’économique ou sociale, elle soulève des enjeux majeurs de gouvernance d’entreprise, de responsabilité, de durabilité, et de confiance — autant de défis que les conseils d’administration devront nécessairement intégrer à leur feuille de route stratégique.

Article original

Les deux dernières séances consacrées au sujet ont tourné court. Aucune proposition concrète n’en est sortie. Un petit tour et puis s’en va ! Le dossier de la capitalisation, qui s’est invité en marge du conclave sur les retraites, à la demande du patronat, a semble-t-il fait long feu. Pendant deux séances (ce jeudi et le jeudi d’avant), le débat s’est ouvert du bout des lèvres entre partenaires sociaux, avec un nombre de participants réduits. Seules quatre organisations — Medef, CPME, du côté patronal, et CFE-CGC, CFDT du côté syndicats des salariés — étaient présentes. La CFTC, dernier syndicat à participer encore au conclave, ayant déclaré forfait sur ces deux séances consacrées à l’éventuelle introduction d’une dose de retraite par capitalisation dans le système par répartition. Un sujet poussé par la CPME qui n’aura pas fait florès. Pire, aucune proposition commune concrète n’en est sortie. Même à quatre, des frictions sont apparues sur des pistes évoquées. Comme celle avancée par le chef de file de la CPME Éric Chevée, qui a mis sur la table une « proposition de travailler une heure de plus (par semaine) pour financer sa propre retraite ». Obliger les travailleurs à épargner pour compléter leur pension est un cheval de bataille de l’organisation des petites et moyennes entreprises. Elles poussent pour rajouter un « étage » de retraite par capitalisation qui serait financé par l’augmentation du temps de travail, à 36 heures hebdomadaires. Les appels du pied de certains politiques en faveur de la « capi », ne manquent pourtant pas. Ce jeudi c’est Gérald Darmanin qui s’en est chargé. « Il est temps de changer de modèle : je suis pour un système avec une grande partie de capitalisation, c’est-à-dire où les personnes épargneraient pour leur propre retraite, une idée à laquelle souscrit le patronat », a lancé le ministre de la Justice sur France Info. Si ce n’est plus un gros mot, l’idée a toujours du mal à prendre en France. Regrettable « tabou dans les discussions sociales » selon la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet. Même au sein du patronat où le Medef semble, en ce moment, jouer de prudence vis-à-vis d’un système actuellement sous les feux de l’actualité américaine. Outre-Atlantique en effet, l’inquiétude des retraités actuels ou futurs (un actif sur trois épargne pour sa retraite via un plan par capitalisation) est palpable face à la valeur des fonds de pensions sérieusement malmenés en Bourse par les jeux de yoyo des marchés financiers à la suite des déclarations de Donald Trump, notamment sur les droits de douane. En clair, pour la première organisation patronale, ce n’est pas la priorité — comme pour les syndicats —, l’objectif des discussions étant de redresser le système par répartition qui va voir son déficit s’aggraver. Les Français d’ailleurs ne sont pas prêts à la « capi ». Moins d’un sur trois (29 %) fait confiance au système par capitalisation, selon une étude Ifop pour la CGT parue récemment. Concernant la suite de la concertation sur les retraites, les deux séances qui viennent (30 avril et 15 mai) seront consacrées à la question du pilotage du système des retraites. Les partenaires rentreront ensuite dans la dernière ligne droite, pour tenter de concrétiser un accord, avant le 28 mai, date de la dernière réunion prévue.

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